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Affaire Maudet

Pierre Maudet reconnu coupable d’acceptation d’un avantage

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CREDIT: KEYSTONE/FREDERIC BOTT

Pierre Maudet a été condamné lundi à une peine pécuniaire de 300 jours-amende avec sursis. Le Tribunal de police de Genève a reconnu le conseiller d’Etat coupable d’acceptation d’un avantage pour son voyage en famille à Abu Dhabi. Les détails avec Benjamin Smadja et Laurie Selli :

Faisons la route ensemble
Pierre Maudet reconnu coupable d'acceptation d'avantage.
Faisons la route ensemblePierre Maudet reconnu coupable d'acceptation d'avantage.

Sa faute est considérée comme importante a dit la présidente du tribunal lors de la lecture du verdict. Il a menti sur le voyage et dissimulé la vérité avec son chef de cabinet Patrick Baud Lavigne. Pierre Maudet est condamné à 300 jours amendes à 400 francs avec un sursis de deux ans. En revanche il est acquitté pour le sondage. Pierre Maudet doit également rembourser les 50 000 francs du voyage. Ecoutez sa réaction à la sortie du Tribunal de police.

Pierre Maudet
Ex-Conseiller d'Etat genevois
Pierre MaudetEx-Conseiller d'Etat genevois

Ses avocats vont faire recours de la décision. Le chef de cabinet de Pierre Maudet, Patrick Baud-Lavigne, a lui été condamné à 360 jours amendes à 300 francs avec sursis. Il doit également rembourser le prix du voyage évalué à 10’000 francs.

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14 mois de prison avec sursis requis contre Pierre Maudet

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Il n'a retenu aucune circonstance atténuante en faveur du conseiller d'Etat. Le premier procureur Stéphane Grodecki a demandé mercredi au Tribunal de police de Genève de condamner Pierre Maudet à 14 mois de prison avec sursis pour acceptation d'avantages.

Dans son réquisitoire, le représentant du Ministère public a longuement disserté sur ces cadeaux qui servent à mettre de l'huile dans les rouages. Pour lui, le voyage à Abu Dhabi, que le conseiller d'Etat genevois a effectué avec sa famille et son ancien chef de cabinet, en 2015, entre incontestablement dans cette catégorie.

Le séjour dans un luxueux palace est mis sur pied par deux amis hommes d'affaires de Pierre Maudet. La facture a été payée par la famille royale émiratie.

Pour un agent public, se faire offrir des cadeaux pour faire son travail, c'est une infraction pénale, a rappelé M. Grodecki devant le Tribunal de police de Genève. Et ces libéralités posent problème même si aucune contrepartie n'est exigée. Le retour d'ascenseur pourrait d'ailleurs très bien intervenir plusieurs années après.

La valeur de ce voyage dans le Golfe, qui comprenait notamment des places en loge pour assister au Grand Prix de Formule 1 d'Abu Dhabi, a été estimée à 50'000 francs. Ce montant crève le plafond de ce qui est acceptable, a souligné le procureur. Il a rappelé qu'un agent public pouvait recevoir un cadeau ne dépassant pas 150 francs.

Pierre Maudet a été invité par la famille royale d'Abu Dhabi parce qu'il est conseiller d'Etat. Si sa femme a été invitée, c'est parce qu'il est conseiller d'Etat. Si son chef de cabinet Patrick Baud-Lavigne a été invité, c'est parce qu'il est conseiller d'Etat, a insisté M. Grodecki.

En mettre plein les yeux

L'idée de ce voyage, c'était d'en mettre plein les yeux, a poursuivi le procureur. Il s'agissait pour Antoine Daher et Magid Khoury d'entretenir une relation. Après ce séjour, M. Grodecki a compté pas moins de 16 sollicitations de ces deux entrepreneurs, amis de Pierre Maudet, notamment auprès de l'ancien chef de cabinet du magistrat.

Avec la même idée derrière la tête, soit de mettre de l'huile dans les rouages et d'avoir des facilités d'accès à l'administration, selon le procureur. Les deux hommes d'affaires ont financé un sondage devant servir à la campagne électorale de Pierre Maudet, en 2017.

Puis, cette huile dans les rouages a débordé pour servir à contourner les processus administratifs. Le procureur donne l'exemple de l'ouverture du bar L'Escobar, un établissement dans lequel Antoine Daher avait investi. L'autorisation d'exploitation du bar a été délivrée malgré un dossier incomplet.

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Affaire Maudet

Pierre Maudet: « Je vis un calvaire depuis trois ans »

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KEYSTONE/FREDERIC BOTT
Au second jour de son procès devant le Tribunal de police de Genève pour acceptation d'avantages, Pierre Maudet a été longuement entendu mardi. Le conseiller d'Etat a posé le cadre en se levant: "J'affronte les choses debout, Madame la présidente!"

Au préalable, Yaël Hayat, une des trois avocats du magistrat, l'a interrogé sur la manière dont il appréhende ce procès. "Avec une certaine impatience, a-t-il répondu. Depuis trois ans, c'est un calvaire que je vis et dont je suis pour une très large part l'origine. J'ai aussi une certaine appréhension."

Au niveau personnel, cette affaire "m'a obligé à me faire aider, ce qui n'est pas naturel chez moi. On n'en sort pas indemne par rapport à sa famille, à sa conception du pouvoir et de son exercice. On en sort plus conscient de ses responsabilités", a expliqué M. Maudet. Sur question de Me Hayat, il a admis être aussi plus conscient de ses "limites" et "lâchetés": "Sous le magistrat, il y a toujours un homme."

"Un objectif important"

"Je réfute cette accusation", a déclaré Pierre Maudet, interrogé par le tribunal sur le voyage en famille à Abu Dhabi de novembre 2015, payé par les autorités locales et qualifié d'acceptation d'un avantage par le Ministère public. Le conseiller d'Etat a déclaré avoir accepté une invitation officielle qui allait permettre au canton de "resserrer les liens" avec les Emirats arabes unis.

Il n'apprend que le 1er novembre que ce séjour luxueux est entièrement pris en charge par le prince héritier. Il l'évalue à 10'000 francs, alors que son coût est cinq fois plus élevé. "Je n'ai pas poussé la curiosité plus loin." Il envisage bien d'y renoncer, mais "les Emirats étaient un objectif important." Et il avait peu vu sa famille en 2015: "Le risque de l'exposer était minime."

"Une réaction stupide"

Au printemps 2016, les médias commencent à l'interroger sur ce voyage. Le magistrat ment, il craint pour son image. "J'ai eu une réaction stupide en affirmant que le voyage avait un caractère privé, mais sa dimension officielle était très importante". "Habiller ce voyage en voyage privé m'a permis de le soustraire aux regards de l'opinion", a-t-il justifié.

"Difficilement influençable"

Pierre Maudet a admis qu'il n'aurait pas été invité à Abu Dhabi cette année-là sans l'intervention de l'entrepreneur Magid Khoury, poursuivi pour octroi d'un avantage, tout comme Antoine Daher, l'intermédiaire entre les deux hommes. "Mais je n'aurais pas lâché le morceau." Il ne se considère toutefois pas redevable. "Je suis quelqu'un de difficilement influençable. J'évacue vite le risque."

Le conseiller d'Etat a aussi contesté l'accusation d'acceptation d'un avantage pour le financement à hauteur de 34'000 francs d'un sondage en 2017 par des entreprises appartenant à Magid Khoury. "C'est un financement ordinaire", a-t-il déclaré. L'argent a été versé à son association de soutien et non au PLR, parti dont il a été exclu en 2020.

"Rien en retour"

M. Khoury a également contesté "toutes les accusations". Il ne pense pas que M. Maudet aurait reçu une invitation officielle sans l'intervention de son oncle à Abu Dhabi, mais il n'attendait "rien en retour". Et il n'a rien à voir avec le fait que la famille et l'ex-chef de cabinet du magistrat ont aussi été invités. Quant au sondage, il a accepté de verser 15'000 francs. Il a découvert plus tard que ses entreprises en avaient financé l'intégralité.

L'entrepreneur a évoqué son projet de campus de l'innovation au Pré-du-Stand lors d'un repas avec le magistrat, mais il n'estime pas avoir bénéficié d'une faveur quand il a décroché un premier rendez-vous avec le service concerné. Il a d'ailleurs rencontré d'autres conseillers d'Etat dans le cadre de ses projets immobiliers.

Le procès se poursuit mercredi avec l'audition de témoins, dont l'épouse de Pierre Maudet. Le procureur rendra ensuite son réquisitoire.

Source: ATS

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Affaire Maudet

Le procès Maudet s’ouvre sur l’audition des autres prévenus

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CREDIT: KEYSTONE/FREDERIC BOTT
Le procès du conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet s'est ouvert lundi devant le Tribunal de police de Genève. Le magistrat, jugé pour acceptation d'avantages, est assis aux côtés de quatre autres prévenus sur le banc des accusés.

Pierre Maudet n'a pas été amené à s'expliquer devant le tribunal lundi. Son audition doit avoir lieu mardi. D'autres prévenus se sont retrouvés sur la sellette. Une large partie de cette première journée de procès a notamment été consacrée à l'interrogatoire de l'ancien chef de cabinet du magistrat, Patrick Baud-Lavigne.

L'ex-fonctionnaire, reconverti dans l'immobilier, a pris part à ce fameux voyage à Abu Dhabi, en 2015. "J'ai été invité par Pierre Maudet en tant qu'ami", a expliqué Patrick Baud-Lavigne devant le tribunal. Jamais, dans son esprit, ce séjour n'a revêtu un caractère officiel. "Il s'agissait d'un voyage de vacances privé."

Patrick Baud-Lavigne a admis qu'après ce voyage, ses relations avec Antoine Daher se sont intensifiées. Cet ami de Pierre Maudet, actif dans l'immobilier et les affaires à Genève, est accusé d'avoir participé à l'organisation de l'escapade de quelques jours dans le Golfe. Il est également jugé par le Tribunal de police.

Il n'a rien obtenu

Le Ministère public a relevé de nombreuses demandes faites par Antoine Daher à Patrick Baud-Lavigne à la suite de ce séjour à Abu Dhabi. "Antoine Daher n'a rien obtenu de ma part, car ses requêtes n'entraient pas dans mon cahier des charges", a toutefois fait savoir l'ancien fonctionnaire.

Le Ministère public reproche également à Patrick Baud-Lavigne d'avoir aidé à l'organisation d'un sondage devant servir à la campagne électorale du conseiller d'Etat. "J'ai dû dire à Pierre Maudet qu'Antoine Daher était prêt à contribuer au financement de l'opération", a expliqué l'ancien bras droit du magistrat.

Aux yeux de l'ancien fonctionnaire, cette manière de procéder ne devait poser aucun problème. "Nous sommes dans le cadre d'un financement classique d'une campagne électorale." A son avis, il n'était pas possible de financer un tel sondage en puisant dans les deniers publics.

Un prévenu peu loquace

Tout comme Patrick Baud-Lavigne, Antoine Daher conteste les accusations portées contre lui. A-t-il organisé le voyage à Abu Dhabi? Non, déclare l'homme d'affaires. "Je n'étais que la courroie de transmission entre Pierre Maudet et Magid Khoury", un entrepreneur également prévenu dans cette affaire.

Evasif, esquivant les questions de la présidente du tribunal Sabina Mascotto, Antoine Daher s'exprime par bribes. Pourquoi a-t-il pris part au voyage aux Emirats? Parce que j'étais là, répond-il simplement. Il a bien payé des repas à Patrick Baud-Lavigne et à Pierre Maudet, mais sans aucune arrière-pensée de sa part.

Le tribunal a aussi abordé lundi l'affaire du bar L'Escobar, dans lequel Antoine Daher avait investi. L'établissement peinait à obtenir une autorisation d'exploitation. Selon le Ministère public, Patrick Baud-Lavigne a insisté auprès du service genevois du commerce (SCOM) pour que le dossier soit traité en priorité.

Prévenu d'abus d'autorité, l'ancien chef du SCOM a déploré avoir été instrumentalisé dans cette affaire. "J'ai cru que la procédure devait être accélérée pour une raison économique", a déclaré ce père de famille. Ce dernier a déclaré en vouloir aux autres prévenus. "J'ai été élevé dans l'idée d'une politique propre."

Source: ATS

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Un seul procureur portera l’accusation au procès de Pierre Maudet

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Archives (©KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI))

Le premier procureur Stéphane Grodecki soutiendra seul l'accusation au procès du conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet qui doit s'ouvrir le 15 février devant le Tribunal de police de Genève.

Le procureur général du canton de Genève Olivier Jornot et le premier procureur Yves Bertossa, qui ont participé à la procédure, n'épauleront pas leur collègue.

L'information, révélée par la Tribune de Genève mardi, a été confirmée par le porte-parole du pouvoir judiciaire Olivier Francey et par Grégoire Mangeat, l'avocat du conseiller d'Etat. Stéphane Grodecki a assumé la direction de l'équipe de magistrats chargée de l'instruction du dossier, a rappelé M.Francey.

Pierre Maudet sera jugé pour acceptation d'un avantage. Les débats tourneront essentiellement autour d'un voyage qu'il a effectué à Abu Dhabi, en 2015, avec sa famille et son ex-chef de cabinet. L'ancien fonctionnaire sera aussi assis sur le banc des accusés pour répondre d'acception d'un avantage et de violation du secret de fonction.

Trois autres protagonistes de l'affaire seront également jugés en même temps que Pierre Maudet et son ancien bras droit. Il s'agit de deux entrepreneurs, qui ont pris part à l'organisation du voyage dans les Emirats et de l'ancien directeur de la police du commerce du canton de Genève.

Selon la Tribune de Genève, le Ministère public avait tout loisir de laisser requérir les trois magistrats qui ont participé à l'instruction, deux d'entre eux, ou un seul.

Avec ATS Keystone

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Affaire Maudet: mis en cause par un audit, Pierre Maudet dépose une plainte

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KEYSTONE/Jean-Christophe Bott

Le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet n'accepte pas d'avoir été privé de son département du développement économique par ses collègues du gouvernement sur la base d'un rapport de diagnostic des ressources humaines qui "bafoue", à ses yeux, "des règles élémentaires de droit". Il a annoncé mercredi, dans une interview accordée à l'hebdomadaire GHI, avoir porté plainte pour diffamation contre l'autrice de l'audit et contre X.

"Ce rapport est une accumulation de citations anonymes qui ne sont basées sur aucun élément factuel" souligne Pierre Maudet. "On ne sait pas les questions que la consultante a posées, comment elle a orienté ses entretiens". Le magistrat déplore qu'en "gros, on dénonce sans apporter aucune preuve tangible".

Pierre Maudet regrette de n'avoir pas pu répondre à des accusations sur des faits avérés et documentés "parce qu'il n'y avait aucun procès-verbal". Le conseiller d'Etat estime que le rapport contient pourtant "des allégations graves", dont certaines relèvent "de la diffamation, voire de l'insulte".

Selon le Conseil d'Etat genevois, l'audit mentionnait la grande souffrance au travail de certains collaborateurs au sein du département du développement économique (DDE) et mettait directement en cause Pierre Maudet. Des personnes auraient parlé d'attenter à leurs jours, voire de s'en prendre au conseiller d'Etat.

Aucune plainte en 13 ans

"Je ne nie pas que je suis exigeant, que je ne sais pas toujours dire merci, mais je n'ai jamais commis de mobbing ni reçu aucune plainte en treize ans de magistrature", indique M.Maudet au GHI. "Etonnamment, le seul haut cadre qui était sous certificat médical est revenu miraculeusement deux jours après ma mise à l'écart", précise-t-il.

Le gouvernement genevois, après ce premier diagnostic qu'il a qualifié d'alarmant, vient de commander un deuxième rapport sur le fonctionnement du DDE à l'ancien juge fédéral Jean Fonjallaz. Pour Pierre Maudet, en prenant cette décision, ses collègues du Conseil d'Etat "reconnaissent implicitement que le premier rapport était bâclé et hors des clous".

Démissionnaire, Pierre Maudet s'est porté candidat à sa succession à l'élection complémentaire du Conseil d'Etat genevois, dont le premier tour se tiendra au début du mois de mars. Il sera dans la course en tant qu'indépendant. Le magistrat a en effet été exclu du PLR Genève.

Avant cette échéance électorale, Pierre Maudet devra affronter son procès devant le Tribunal de police, mi-février. Le conseiller d'Etat est accusé d'acceptation d'avantages pour un voyage controversé qu'il a effectué à Abu Dhabi, en 2015, en compagnie de sa famille de son ancien chef de cabinet.

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