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Procès de Semhar: la défense dénonce les failles de l’enquête

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Procès de Semhar: la défense dénonce les failles de l’enquête

Procès de Semhar: la défense dénonce les failles de l’enquête

A Genève, la suite du procès du chauffeur de taxi, accusé d’avoir tué, violé puis caché la petite Semhar, 12 ans. Mardi, le Ministère public a requis la prison à vie et l’internement ordinaire pour l’homme qui aurait assassiné la jeune fille chez elle, à Carouge. Il est aussi accusé de viols répétés et de violences par trois autres ex-compagnes. Ce mercredi, c’était au tour de la défense de faire sa plaidoirie. Elle demande l’acquittement pur et simple de son client.

Maître Vincent Spira a plaidé pendant plus de six heures. Un exercice de style difficile, puisque, depuis 6 ans, l’accusé nie les faits qui lui sont reprochés. L’homme de loi a fait appel aux grands principes du droit ce matin. Le doute, tout d’abord, qui doit profiter à l’accusé. La présomption d’innocence ensuite. Maître Spira estime que, depuis 6 ans, c’est une instruction à charge exclusivement qui s’est opérée dans ce dossier. Il remet aussi en cause les expertises psychiatriques qui ont conclu à la psychopathie du prévenu. Celle du Docteur Lamothe notamment, qui s’érige en juge dans cette affaire et qui aurait un parti pris.

Et par la suite, l’avocat s’attaque aux témoignages des ex-compagnes du prévenu et à la plainte déposée par l’une d’elle.

Toutes trois ont dénoncé des viols répétés, des contraintes sexuelles, des violences et même des séquestrations. Maître Spira met en doute les versions parfois contradictoires de ces trois victimes. Il doute qu’elles ne se connaissaient pas, la similitude de leurs récits l’étonne. L’avocat soupçonne une instrumentalisation. Les deux premières veulent rester en Suisse mais elles ont été déboutées de l’asile. Un asile qu’elles finiront par obtenir. Elles ont la même interprète. « Aucune malice, aucun complot mais des liens », souligne Maître Spira. C’est l’interprète qui aurait pris contact avec la troisième femme, en Ethiopie. Ce qui entacherait la commission rogatoire d’un vice de procédure, selon lui. «Ils sont partis à six sans savoir s’ils allaient la rencontrer! Ça coûte à l’Etat» lance l’avocat. « Plus on est, et plus l’accusation est crédible». Elles sont trois à l’accuser de viols, c’est donc vrai! Il est donc capable de violer une enfant, conclut le défenseur.

Puis Maître Spira revient sur l’enquête du ministère public.

L’accusé a été coupable dès la première minute. On le lui aurait même dit: vous êtes le suspect idéal ! Dès la première audition ! Il dénonce les failles abyssales de l’enquête. S’adressant aux juges, il implore : Ne choisissez pas la culpabilité par défaut, vous ne prendrez pas le risque mais la certitude de commettre l’erreur judiciaire! Ne commettez pas cette erreur, elle est gravissime, conclut Maître Spira.

Pour Maître Yaël Hayat, «l’émotion a tout éclaboussé dans cette affaire».

«Le doute s’est installé peu à peu en moi, dit-elle. Jusqu’à me glacer». L’avocate revient largement sur l’ADN retrouvé. Pas assez probant. Il ne signe pas le crime. Elle dénonce une enquête orientée, paresseuse, qui présente des carences. Qui ne respecte pas le B-A, BA de l’enquête. Pas d’enquête sur le voisinage, sur le digicode de l’immeuble, sur le tachygraphe ou les habits de l’accusé. On fait des choix dit Maître Hayat. Des choix malheureux.

Le verdict tombera vendredi 22 juin

 

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